Vous la croisez au club, comme joueuse et comme arbitre. Mais saviez-vous que Céline Martin-Scmets est arbitre internationale. Elle vient d’arbitrer la finale des 2020 EuroHockey Indoor Championships à Minsk. Rencontre avec une arbitre passionnée et passionnante.  


Tu as arbitré la finale des EuroHockey Indoor Championships. Peux- tu nous raconter ton aventure à Minsk ?

Au niveau de l'international, il y a différents grades. J'ai atteint le plus haut grade international en salle il y a deux ans, à la suite du dernier championnat d’Europe des Nations Indoor qui se déroulait à Prague. Cette année, à Minsk, c'est un tournoi court mais intense. J'ai donc pris les matchs les uns après les autres, sans me soucier du reste. Et cela à payer puisque j'ai été désignée pour la finale. 

Un truc pour gérer ce genre de match ?

Depuis que j'ai commencé l'entraînement physique avec mon coach particulier, j'ai acquis une certaine routine d'avant match qui me permet de me concentrer et de rentrer dans ma bulle. Cette routine est très importante pour moi car les matchs sont intenses et rapides. Et la technique des joueurs est de plus en plus affinée. Il est donc important de rentrer dans le match dès le coup d'envoi. 

Entre indoor et outdoor as-tu une préférence ?

On aime l'Indoor ou on ne l'aime pas. Personnellement, j'adore ça ! Beaucoup d'arbitres font un break pendant la salle, moi je revis pendant l'hiver. 

Comment se déroulent les sélections des arbitres ?

Nous ne connaissons pas vraiment le processus de sélection des arbitres, cela se passe au niveau de la fédération européenne. Elle fait un choix parmi les arbitres ayant le niveau requis pour le tournoi. J'ai donc été très honorée d'être sélectionnée pour Minsk. 

Si je comprends bien, il y a un sacré boulot pour être à ton niveau d’arbitrage…

Pendant longtemps, je pensais qu'arbitrer tous les week-ends et passer les tests physiques quand il le fallait était suffisant. Au fur et à mesure de mon évolution, surtout ces dernières années avec l'évolution du jeu, cela n'est plus suffisant.

Pour mes derniers gros tournois (Champions Trophy en Chine en 2018, la Pro League 2019 & la Coupe d'Europe à Anvers en 2019 également), j'ai mis la barre plus haut personnellement. J'ai pris un entraîneur physique particulier (à mes frais puis la fédération belge m'a aidée). J'ai également pris un coach mental et une nutritionniste.

En plus de cela j'ai enchaîné les matchs amicaux et les matchs de championnat car la meilleure façon d'apprendre, c'est en pratiquant. 

Tu fais beaucoup de déplacements à l’étranger ?

En 2019 je suis partie 8 fois à l'étranger pour la ProLeague (Chine, Pays-Bas, Allemagne, Grande-Bretagne et USA) et j'ai également été au tournoi à Anvers en août. C'est mon entrainement et ma préparation qui m'ont permis de pouvoir faire ces voyages en restant compétitive et en forme malgré les heures de décalage et les vols à rallonge. 

Et au niveau national, ça se passe comment ?

En Belgique j'arbitre en Division d'Honneur Dames et Messieurs. Principalement Messieurs à l'heure actuelle étant donné que mon objectif est de pouvoir faire un quart de finale Messieurs cette année.

Tu arbitres combien de matchs par week-end ?

La plupart du temps, un seul. Je joue le samedi et j'arbitre le dimanche.

Un travail qui a déjà été récompensé ?

J'ai été élu Woman Umpire Of the Year en 2018 en Belgique

Que penses-tu de l’encadrement des arbitres ?

Il y a eu d'énormes améliorations au niveau de l'encadrement des arbitres en Belgique ces derniers années, et un soutien tout particulier pour les arbitres internationaux afin de nous mettre dans les meilleures conditions pour continuer à progresser.

Tout n'est pas parfait mais, personnellement, je n'ai pas à me plaindre de l'encadrement que j'ai reçu. 

Et parfois il faut également apprendre seul, tomber, se relever et essayer à nouveau. 

Un argument que tu donnerais à quelqu'un afin qu'il commence l'arbitrage ? 

C'est un sport complet, non seulement physique mais aussi mental, qui forge le caractère et aide à tous les niveaux de la vie autant du coté privé que professionnel.

De plus, sans arbitre il est impossible de pratiquer ce sport que nous aimons tant : c’est donc une belle manière de s'investir et de faire grandir notre sport. 

 

Aider son club, le point de départ

Céline a commencé à arbitrer dans son club, pour aider. Comme beaucoup de jeunes le font encore. À 16 ans, elle passe son examen d’arbitrage et à 21 ans, elle fait son premier tournoi international.

« J'ai commencé car je connaissais bien les règles et que je détestais les gens qui trichaient ! », nous raconte-t-elle. « On m'a donc proposé de prendre le sifflet et j'ai tout de suite accroché ».

Son meilleur souvenir d’arbitre ? « Mon match Grande-Bretagne vs Chine lors de la Pro League à Londres en 2019. Un match engagé mais très fair-play avec le soutien de Michi ma collègue allemande qui m'a laissée leader les shoot-outs en fin de match pour départager les équipes ».

L’histoire de Céline vous a fait rêver ? N’oubliez pas que vous aussi, vous pouvez commencer l’arbitrage. Renseignez-vous au club ;-)